Réseau de chaleur : maîtriser les charges et les énergies

Une nouvelle énergie pour nos réseaux de chaleur : Les réseaux de chaleur des Bords de l’Huisne et des Ronceray-Glonnières pourront bientôt profiter de l’énergie calorifique renouvelable et « éco-vertueuse » produite par l’unité d’incinération des déchets de la Chauvinière. Et ce, au bénéfice des résidents/usagers… et de la planète !

 

 

Projection 2020 : la nouvelle chaufferie des Bords de l’Huisne

 

Faire des économies

et consommer moins

d’énergie fossile

Jusqu’ici, la chaleur produite par l’unité de valorisation énergétique des déchets de la Chauvinière n’était utilisée que par le réseau de chaleur d’Allonnes. Mais dans les mois à venir, des milliers d’autres logements et bâtiments divers (écoles, piscines) vont pouvoir en bénéficier. Explications.

Vous aviez sans doute remarqué ces travaux…

Depuis juillet dernier, des équipes et des machines s’affairent dans les rues du Mans, depuis la zone industrielle sud vers le quartier de Pontlieue jusqu’aux Atlandides. Et si cela cause inévitablement quelques désagréments, le jeu en vaut largement la chandelle. Ces travaux correspondent en
effet à un projet particulièrement important pour Le Mans Métropole et Le Mans Métropole Habitat.
L’idée : utiliser au maximum l’énergie calorifique produite par l’Unité de Valorisation Énergétique des Déchets de la Chauvinière, qui alimente déjà le quartier d’Allonnes en énergie calorifique (chauffage et eau chaude sanitaire), pour la raccorder aux réseaux de chaleur
des Bords de l’Huisne et des
Ronceray-Glonnières. Ces quartiers
sont alimentés jusqu’ici par des énergies fossiles (gaz). Afin de
relier ces derniers, il faut poser une canalisation sur près de 9 km.

Optimiser la
complémentarité
entre valorisation
des déchets et réseau
de chaleur

« Si la principale entité en charge de ce projet a été baptisée Syner’gie, ce n’est pas un hasard, note Laurence Schausi, chef de projet pour le développement du réseau de chaleur au sein de Le Mans Métropole. D’une part, il s’agit d’un projet d’efficacité énergétique, et d’autre part, on recherche une complémentarité maximale entre deux équipements : d’un côté, une unité de traitement des déchets qui produit une chaleur éminemment intéressante à valoriser, et de l’autre, un réseau dont la vocation est précisément d’alimenter des bâtiments en chauffage et en eau chaude sanitaire. »

Il s’agit d’un projet d’efficacité énergétique dans lequel
on recherche une complémentarité maximale entre
deux équipements (une unité de traitement des déchets
et un réseau dont la vocation est précisément d’alimenter
des bâtiments en chauffage et en eau chaude sanitaire).

Tout un processus
d’appel d’offres
lancé en 2015

Le contrat de Délégation de Service Public liant Le Mans Métropole au prestataire chargé d’exploiter l’UVED de la Chauvinière arrivait à échéance en septembre 2016. Mais loin de se contenter d’un simple
renouvellement, la Métropole a
décidé de lancer un programme beaucoup plus ambitieux qui constitue une des principales concrétisations de son « Plan Climat Énergie ».

À l’issue de cet appel d’offres,
Syner’gie, société dédiée spécialement créée par Dalkia (groupe EDF) s’est vu confier la réalisation, la modernisation, le développement du réseau de chaleur ainsi
que la mise en conformité et la construction de la chaufferie,
située rue du Danemark. En tout, près de 24 millions d’euros vont être investis pour répondre au
cahier des charges fixé par Le Mans Métropole. Les 72 « sous-stations » (voir encadré ci-contre), qui datent des années 60, vont être entièrement rénovées et une nouvelle chaufferie sera construite à la place de celle des Bords de l’Huisne.
Syner’gie assure également, et pour 24 ans, la maintenance et l’exploitation de l’ensemble constitué par les réseaux de chaleur d’Allonnes, des Bords de l’Huisne et des
Ronceray-Glonnières.

Un intérêt économique et environnemental

Ce projet va d’abord permettre à Le Mans Métropole, à Le Mans
Métropole Habitat et aux utilisateurs finaux des réseaux de chaleur de maîtriser les coûts d’énergie et permettre une stabilisation des dépenses énergétiques. Le bénéfice est également d’ordre environnemental et climatique puisqu’en remplaçant une énergie fossile (gaz ou fuel) par une énergie renouvelable, on réduit considérablement la quantité de gaz à effet de serre envoyée dans l’atmosphère.

Minimiser l’impact des travaux et informer le public

De tels travaux peuvent évidemment entraîner quelques désagré-
ments au quotidien : bruit d’engins, circulation automobile et/ou piétonne perturbée… Mais Syner’gie s’emploie à les minimiser. En ce qui concerne plus spécifiquement les utilisateurs des réseaux de chaleur, les travaux étant prévus entre mai et septembre prochains, il ne devrait pas y avoir de problèmes côté chauffage. En revanche, des coupures d’eau chaude sont possibles mais elles interviendront
surtout durant la journée, en évitant les débuts de matinée et les soirées. « Nous metto

ns en place des moyens de communication indispensables pour informer au mieux les usagers des désagréments qu’ils pourront rencontrer », souligne Marc Narme, Directeur délégué Syner’gie (voir ci-dessous).

Nous mettons en
place des moyens de
communication indispensables
pour informer au mieux les usagers des désagréments qu’ils pourront rencontrer.

Retrouvez les informations utiles sur notre site www.synergie-lemans.fr

 

« C’est un projet emblématique à plus d’un titre »

                      

Samuel Guy : Vice-président de Le Mans Métropole en charge du Développement Durable et du Plan Climat Énergie,


Samuel Guy rappelle l’esprit du projet et le remet en perspective.

LMHmag : Pouvez-vous d’abord rappeler en quoi consiste le Plan Climat Énergie de Le Mans Métropole et de la Ville du Mans ?

Samuel Guy : Il s’agit d’un projet territorial de développement durable dont l’objectif principal est la lutte contre le changement climatique. Ce plan, qui a été lancé initialement en 2014, a été élaboré en concertation avec le Pays du Mans, et il s’inscrit plus largement dans
la démarche d’élaboration d’un Agenda pour le 21e siècle. Il consiste à réduire de 20 % les émissions de gaz à effets de serre, à abaisser de 20 % les consommations d’énergie
et à porter à 20 % la part des
énergies renouvelables dans la consommation finale d’énergie.

LMHmag : L’optimisation des
réseaux de chaleur constitue l’un des principaux leviers de ce plan d’action. Quelle est la stratégie de Le Mans Métropole dans ce domaine ?

S.G. : En 2012 et en 2013, nous avons commencé par mener toute une étude technico-économique afin de déterminer, parmi les différents réseaux de chaleur déployés sur notre territoire, lesquels il serait
intéressant d’interconnecter entre eux et/ou de relier à l’UVED de la Chauvinière. Une fois que nous avons défini le périmètre le plus adapté, nous avons lancé tout un processus de délégation de service
public qui a abouti au projet
Syner’gie / Syner’val.

LMHmag : On comprend bien le bénéfice environnemental de ce projet, mais en quoi présente-
t-il également un intérêt économique ?

S.G. : Tout d’abord, sur la facture de fonctionnement de son réseau de chaleur, Le Mans Métropole Habitat va pouvoir bénéficier d’une
TVA à 5,5 %. De plus, non seulement la chaleur fournie par l’UVED de la Chauvinière coûtera moins cher, mais son prix sera aussi plus stable dans le temps qu’avec les énergies fossiles, dont les cours mondiaux sont volatiles. Avec cette nouvelle configuration, la chaleur sera essentiellement produite par un outil qui appartient à Le Mans Métropole. Aucun risque de voir les tarifs s’envoler ! Et au passage, en vendant
davantage de chaleur, l’UVED réduira le coût du traitement des déchets pour la collectivité.

Il faut enfin noter qu’une clause d’insertion sociale est prévue dans les contrats, ce qui contribuera au retour à l’emploi de personnes fragilisées.

 

Qu’est-ce
qu’un réseau
de chaleur ?

C’est une installation collective produisant et distribuant
la chaleur vers plusieurs bâtiments ou logements.

La chaleur est produite
pour l’ensemble des usagers dans une ou plusieurs unités, ou chaufferies (l’UVED de la Chauvinière, en l’occurrence), une fois chauffée, l’eau
circule dans la ville jusqu’aux bâtiments desservis via un réseau primaire constitué
de canalisations isolées et
enterrées sous la chaussée.

Chaque bâtiment raccordé
au réseau est équipé d’un point de livraison appelé sous-station.
Un « échangeur » y assure
le transfert de la chaleur du
réseau primaire vers le réseau secondaire, c’est-à-dire le réseau privé du client qui la distribue au sein du bâtiment (vers les radiateurs).

 

 

 

 

Quelques chiffres

84%

de l’énergie utilisée par les réseaux de chaleur connectés à l’UVED de la Chauvinière sera d’origine renouvelable. Il est également prévu de pouvoir utiliser la chaufferie au gaz en appoint, de façon à pouvoir faire face aux pics de consommation hivernaux.


100 000
megawatt-heure d’énergie renouvelable supplémentaires seront produits grâce aux travaux d’efficacité énergétique effectués sur l’UVED et à sa connexion avec de nouveaux réseaux de chaleur.

32 000 tonnesde CO2
en moins chaque annéedans l’atmosphère (c’est l’équivalent de ce qu’émettent 8 500 véhicules).